Ce que le modèle prévoit et par quelle démonstration, pourquoi aucune population réelle ne le vérifie, et comment la mesure de l'écart au modèle permet d'identifier puis de quantifier les forces évolutives qui agissent sur une population.
Que deviennent, d'une génération à la suivante, les fréquences alléliques et les fréquences génotypiques d'une population sur laquelle aucune force évolutive n'agit ?
Proposée en 1908 indépendamment par le mathématicien anglais Hardy et le médecin allemand Weinberg, la loi de Hardy-Weinberg se définit ainsi : dans une population de grand effectif, où les unions se font au hasard (= panmixie et pangamie), où il n'existe ni migration, ni sélection naturelle, et en l'absence de mutations, les fréquences des différents génotypes et les fréquences alléliques restent constantes d'une génération à l'autre.
La constance des fréquences génotypiques s'entend à partir de la génération suivante. Une population qui ne se trouve pas déjà dans les proportions p2, 2pq, q2 y entre en une seule génération d'unions au hasard. Ses fréquences génotypiques changent donc une fois, puis restent constantes. Les fréquences alléliques, elles, ne varient à aucun moment. Ce point est développé plus bas.
À chaque étape, la figure donne l'état de la population, du stock de gamètes ou des unions, et le texte donne le raisonnement qui y conduit.
L'énoncé de la loi réunit deux propositions qu'il faut distinguer. Elles n'ont pas la même portée, et elles ne se réalisent pas dans le même délai.
Elles s'obtiennent en une seule génération d'unions au hasard, quelle que soit la répartition génotypique de départ. La démonstration ci-dessus part d'une population (100, 200, 100) qui se trouvait déjà dans ces proportions, mais le raisonnement ne l'utilise jamais : seules les fréquences alléliques p et q interviennent dans la constitution du stock de gamètes. Une population de départ composée de 200 × 109 individus (A//A) et de 200 × 109 individus (a//a), soit p = q = 0,5 sans aucun hétérozygote, donne à la génération suivante exactement les mêmes 0,25 / 0,50 / 0,25. Une seule génération y suffit si les fréquences alléliques sont les mêmes chez les mâles et chez les femelles. Sinon, il en faut deux : la première égalise les fréquences alléliques des deux sexes, la seconde établit les proportions.
C'est une proposition d'une autre nature : elle porte sur la suite indéfinie des générations, et c'est elle qui fait du modèle un modèle de non-évolution. Une population évolue précisément lorsque p varie au cours du temps.
Les six conditions du modèle ne sont jamais toutes réunies dans une population réelle, et elles ne peuvent pas l'être : aucun effectif n'est infini, aucun taux de mutation n'est nul, aucune population n'est parfaitement close, et aucune espèce ne s'unit rigoureusement au hasard. Les fréquences alléliques d'une population réelle varient donc toujours d'une génération à la suivante. Une population trouvée conforme au modèle n'en est pas pour autant à l'équilibre. Le plus souvent, la force qui la fait évoluer déplace p sans défaire l'appariement au hasard des allèles : une génération d'unions au hasard rétablit les proportions du modèle sur le nouveau p. Parfois aussi, les forces en présence sont trop faibles, ou l'échantillon trop petit, pour que l'écart devienne perceptible.
Comment établir qu'une population s'écarte des proportions de Hardy-Weinberg, mesurer cet écart, et déterminer quelles forces évolutives peuvent en rendre compte ?
L'analyse porte sur un échantillon d'une population, pour un gène à deux allèles dont les trois génotypes sont distinguables. Il s'agit de comparer la répartition observée des trois génotypes à celle que prévoit le modèle, de décider si l'écart est significatif par un test du χ², puis de le quantifier et de l'interpréter. Le raisonnement se construit au fil de la saisie.
| Population étudiée | |
|---|---|
| Gène étudié | |
| Symbole du premier allèle | |
| Symbole du second allèle |
| Caractère | État gouverné par l'allèle 1 | État gouverné par l'allèle 2 | |
|---|---|---|---|
| Premier caractère | |||
| Second caractère facultatif |
Les symboles des deux allèles servent à écrire les trois génotypes (A//A), (A//a), (a//a) ; ils doivent être distincts. Un même gène gouverne souvent plusieurs caractères, et les relations de dominance peuvent différer de l'un à l'autre : renseigner un second caractère permet d'examiner cette situation, qui est l'une des causes possibles d'un déficit d'hétérozygotes. Le premier caractère est celui sur lequel les génotypes se lisent : ses deux états ne se masquent pas chez l'hétérozygote, et les trois génotypes s'y distinguent. La relation de dominance entre les deux états du second caractère n'est pas renseignée ; elle peut différer de celle du premier.
Effectif observé pour chacun des trois génotypes :
Effectif total de l'échantillon : 0 individus.
Comment écrire, force par force, l'écart au modèle de Hardy-Weinberg, et comment le quantifier à partir de grandeurs mesurables ?
Le modèle de Hardy-Weinberg ne contient qu'une grandeur, la fréquence allélique p, et elle se mesure sur l'échantillon : il n'a aucun paramètre qui décrive une force. Chaque force évolutive s'introduit en ajoutant au modèle un ou deux paramètres, dont la valeur se mesure ou s'estime sur la population. Le déséquilibre cesse alors d'être un simple constat pour devenir une quantité : coefficient de consanguinité, valeurs sélectives, taux de mutation, taux de migration, effectif efficace.
L'écart d'une population aux proportions de Hardy-Weinberg n'a qu'une seule dimension (la deuxième partie l'établit sur les effectifs observés). Un seul nombre suffit donc à le décrire : l'indice de fixation F, introduit par Wright, qui rapporte le déficit d'hétérozygotes à ce qui était attendu.
Les trois fréquences génotypiques s'écrivent alors avec ce seul paramètre supplémentaire, et l'on retrouve le modèle de Hardy-Weinberg pour F = 0 :
F est borné : il vaut au plus 1 (aucun hétérozygote, la population n'est faite que d'homozygotes, les allèles sont dits fixés dans les lignées), et il ne peut pas descendre au-dessous de - min(p, q) / max(p, q), valeur atteinte lorsque l'un des deux homozygotes a totalement disparu.
Le χ² du test de conformité aux proportions de Hardy-Weinberg, calculé sans correction de continuité, s'exprime exactement en fonction de F :
Cette égalité sépare nettement deux questions qu'il ne faut pas confondre. F mesure l'intensité biologique du déséquilibre : il ne dépend que des fréquences, pas de la taille de l'échantillon. Le χ² mesure la certitude statistique avec laquelle on peut affirmer que ce déséquilibre n'est pas dû au hasard de l'échantillonnage : il croît proportionnellement à N. Un F de 0,05, biologiquement modeste, devient significatif au seuil de 5 % dès que N dépasse 3,841 / 0,052 ≈ 1 540 individus ; un F de 0,30, biologiquement considérable, reste indétectable sur un échantillon de 40 individus.
Deux causes très différentes produisent un déficit d'hétérozygotes, et l'on sait écrire F dans chacune.
Un échantillon qui réunit plusieurs groupes dont les fréquences alléliques diffèrent présente un déficit d'hétérozygotes, même si chaque groupe est rigoureusement aux proportions du modèle. Si p̄ est la fréquence allélique moyenne et Var(p) la variance des fréquences alléliques entre les groupes, la fréquence d'hétérozygotes du mélange vaut :
Le déficit est donc entièrement imputable à l'hétérogénéité de l'échantillon. Il ne traduit aucun défaut de panmixie à l'intérieur des groupes, mais il traduit une propriété réelle : la différenciation des groupes réunis. La relation se lit aussi à l'envers, et fournit une estimation de cette différenciation à partir du seul déficit constaté.
Lorsque les partenaires sont apparentés, F s'interprète comme le coefficient de consanguinité moyen des individus de la population : la probabilité que les deux allèles d'un individu soient deux copies d'un même allèle d'un ancêtre commun. Il se calcule a priori à partir de la généalogie, indépendamment de tout comptage de génotypes :
| Union | F des descendants | Situation |
|---|---|---|
| Autofécondation | 0,5 | Plantes à fleurs autogames, hermaphrodites autofertiles |
| Entre germains (frère et sœur) | 0,25 | Élevage, petites populations isolées |
| Entre demi-germains | 0,125 | |
| Entre cousins germains | 0,0625 | Unions consanguines les plus fréquentes dans les populations humaines |
L'autofécondation répétée fait croître F selon une récurrence simple : chaque génération réduit de moitié l'hétérozygotie restante.
La sélection naturelle s'introduit dans le modèle en attribuant à chaque génotype une valeur sélective (ou fitness), notée w : la contribution relative de ce génotype à la génération suivante, tous facteurs confondus (probabilité de survivre jusqu'à l'âge de la reproduction, succès dans l'accès à un partenaire, nombre de gamètes fonctionnels et de descendants engendrés). Les valeurs sélectives sont des grandeurs relatives : on rapporte les trois à la plus élevée, qui vaut alors 1. Le coefficient de sélection s d'un génotype est son désavantage relatif : s = 1 - w.
Partons d'une génération de zygotes formés par des unions au hasard, donc aux proportions de Hardy-Weinberg, et faisons agir la sélection sur eux.
| (A//A) | (A//a) | (a//a) | |
|---|---|---|---|
| Fréquence chez les zygotes | p2 | 2pq | q2 |
| Valeur sélective | w(A//A) | w(A//a) | w(a//a) |
| Fréquence chez les adultes | p2w(A//A) / w̄ | 2pq w(A//a) / w̄ | q2w(a//a) / w̄ |
Le dénominateur w̄ est la valeur sélective moyenne de la population. Il assure que les trois fréquences des adultes somment à 1 :
La fréquence allélique chez les adultes, puis dans la génération de zygotes suivante, s'obtient par comptage des allèles sur les fréquences génotypiques des adultes :
La variation de la fréquence allélique en une génération s'en déduit. C'est l'équation fondamentale de la sélection sur un gène à deux allèles :
Trois conséquences se lisent immédiatement sur cette expression. Le facteur pq annule Δp lorsque l'un des deux allèles est absent : la sélection agit sur la variation existante, elle ne la crée pas. Le signe de Δp ne dépend que du crochet, donc des seules différences entre valeurs sélectives, et non de leur niveau absolu. Enfin, Δp s'annule aussi lorsque le crochet est nul : c'est l'équilibre.
| Régime | Valeurs sélectives | Δp | Devenir de la population |
|---|---|---|---|
| Sélection contre l'homozygote (a//a) l'allèle a n'est défavorable qu'à l'état homozygote |
1 ; 1 ; 1 - s | + p q2 s / w̄ | Élimination de a, mais de plus en plus lente : Δq est proportionnel à q2. Un allèle rare est presque entièrement caché chez des hétérozygotes que la sélection ne voit pas. C'est pourquoi un allèle délétère dont l'effet ne se manifeste qu'à l'état homozygote persiste durablement dans les populations. |
| Sélection contre l'allèle A l'allèle A est défavorable dès l'état hétérozygote |
1 - s ; 1 - s ; 1 | - p q2 s / w̄ | Élimination complète de A, qu'aucun porteur, homozygote ou hétérozygote, ne soustrait à la sélection. Elle est d'abord lente, Δp restant proportionnel à q2 tant que A est fréquent, puis géométrique dès que A devient rare : c'est l'inverse du cas précédent. Partant de p = 0,95 avec s = 0,2, elle ramène p au-dessous de 0,01 en 112 générations. Avec le même s et le même critère, un allèle qui n'est défavorable qu'à l'état homozygote demande environ 530 générations, et plus de 5 000 pour passer au-dessous de 0,001. |
| Avantage de l'hétérozygote (superdominance) | 1 - s1 ; 1 ; 1 - s2 | pq [ q s2 - p s1 ] / w̄ | Équilibre polymorphe stable en p* = s2 / (s1 + s2). Les deux allèles sont maintenus indéfiniment, quelle que soit la fréquence de départ : c'est un mécanisme de conservation de la diversité génétique. |
| Sélection contre l'hétérozygote (sous-dominance) | 1 ; 1 - s ; 1 | pq s ( p - q ) / w̄ | Équilibre en p* = 0,5, mais instable : le moindre écart est amplifié, et l'allèle initialement majoritaire se fixe. La population perd sa diversité pour ce gène. |
Les expressions de Δp sont obtenues en reportant les valeurs sélectives de la deuxième colonne dans l'équation fondamentale ci-dessus.
Les trois valeurs sélectives, et la fréquence allélique de départ, suffisent à déterminer toute la trajectoire de la population. Le module ci-dessous itère l'équation fondamentale génération après génération.
L'allèle S de la chaîne β de l'hémoglobine est responsable, chez l'homozygote (S//S), de la drépanocytose. Non traitée, la maladie est généralement mortelle avant l'âge de la reproduction : w(S//S) est donc très faible. L'hétérozygote (A//S), dont le phénotype est bénin, est en revanche moins sensible au paludisme que l'homozygote (A//A). En zone d'endémie palustre, w(A//S) est ainsi la plus élevée des trois : la situation relève exactement du régime de superdominance.
La relation d'équilibre permet une estimation quantitative. La fréquence de l'allèle S observée dans ces populations est de l'ordre de q* = 0,11. En prenant s2 = 1 - w(S//S) ≈ 1, il vient :
Le raisonnement se vérifie sur le second jeu de données de la deuxième partie. Ses effectifs sont exactement ceux que produit, chez les adultes d'une population de deux mille individus parvenue à son équilibre, le régime w(A//A) = 0,88 ; w(A//S) = 1 ; w(S//S) = 0,03, soit 1 560 (A//A), 439 (A//S) et 1 (S//S). L'analyse de cet échantillon restitue q = 0,110 et s1 = 0,119, les valeurs mêmes dont on est parti.
La mutation est la seule force qui crée des allèles nouveaux : elle est la source de toute la variation sur laquelle les autres forces agissent. Soient μ le taux de mutation de A vers a et ν le taux de mutation de a vers A, par gène et par génération.
Δp s'annule pour μp = νq, ce qui définit un équilibre stable qui ne dépend que du rapport des deux taux :
Les taux de mutation par gène et par génération sont de l'ordre de 10-5 à 10-6. La convergence vers cet équilibre demande donc des centaines de milliers de générations : seule, la mutation est une force négligeable à l'échelle de temps d'une étude de population. Son rôle décisif est ailleurs : elle alimente en permanence la population en allèles nouveaux, y compris en allèles délétères qu'elle réintroduit au fur et à mesure que la sélection les élimine. C'est cet antagonisme qui est mesurable.
Un allèle délétère est apporté par la mutation au taux μ et retiré par la sélection. L'équilibre s'établit lorsque les deux flux se compensent. Le résultat diffère radicalement selon que l'allèle est exprimé ou non chez l'hétérozygote.
La fréquence d'équilibre d'un allèle dont l'effet délétère ne se manifeste qu'à l'état homozygote est donc bien supérieure à celle d'un allèle de même gravité mais dont l'effet se manifeste dès l'état hétérozygote, parce que la sélection ne l'atteint que dans la fraction q2 de la population où il est homozygote. C'est le fondement du calcul de risque en conseil génétique : la fréquence des hétérozygotes sains, 2pq, y est estimée par la loi de Hardy-Weinberg à partir de la fréquence de la maladie, q2.
Le modèle le plus simple, dit continent-île, suppose qu'à chaque génération une proportion m des reproducteurs de la population étudiée provient d'une population extérieure dont la fréquence allélique pc est constante.
L'itération donne une convergence géométrique vers la fréquence de la population source :
La migration produit en outre un effet immédiat sur les proportions génotypiques, distinct de son effet sur les fréquences alléliques. La génération formée à partir du mélange de deux populations différenciées présente un excès d'hétérozygotes si les unions se font préférentiellement entre individus des deux origines, et le déficit de l'effet Wahlund si l'échantillon réunit les deux populations sans qu'elles s'unissent. Dans les deux cas, une seule génération d'unions au hasard dans la population mêlée rétablit exactement les proportions p2, 2pq, q2 pour la nouvelle valeur de p.
Dans une population d'effectif fini N, la génération suivante est constituée par un tirage au sort de 2N allèles parmi ceux de la génération présente. La fréquence allélique de la génération suivante est donc une variable aléatoire, de loi binomiale de paramètres 2N et p, divisée par 2N :
Avec p = 0,5, l'écart type d'une génération à la suivante vaut 0,05 pour N = 50 individus, mais seulement 0,005 pour N = 5 000 : c'est en cela que « les effets de la dérive génétique sont d'autant plus importants que la population est petite ». La dérive étant sans direction, elle ne se caractérise pas par un Δp mais par l'accumulation de sa variance, dont l'effet cumulé sur la diversité génétique est en revanche parfaitement dirigé. En notant Ht l'hétérozygotie attendue de la génération t, c'est-à-dire 2pt qt, et en raisonnant sur sa valeur moyenne, puisque pt est une variable aléatoire :
Trois conséquences se déduisent de ces expressions.
Le modèle exige que le génotype d'un individu ne modifie ni ses chances de s'unir, ni le génotype de son partenaire. Cette condition est violée dès que les unions dépendent du phénotype ou de la parenté : choix du partenaire en fonction du phénotype, accès inégal des mâles aux femelles, unions préférentielles entre individus géographiquement proches, unions entre apparentés, autofécondation. La formulation quantitative en est donnée en 3.1 : les fréquences génotypiques s'écrivent p2 + Fpq, 2pq(1 - F), q2 + Fpq, avec F > 0 pour l'homogamie et la consanguinité, F < 0 pour l'hétérogamie et les mécanismes d'évitement de la consanguinité (dispersion des jeunes, reconnaissance des apparentés, systèmes d'auto-incompatibilité chez les plantes à fleurs).
Deux précisions sur la portée de cette violation. D'une part, l'appariement non aléatoire ne modifie pas les fréquences alléliques : à lui seul, il ne fait pas évoluer la population. D'autre part, il n'agit que sur les gènes qui gouvernent le caractère servant au choix du partenaire, et sur tout le génome dans le seul cas de la parenté. Un F non nul sur un gène quelconque, sans rapport avec un caractère de reconnaissance, désigne donc la consanguinité ou la subdivision, non l'homogamie.
Les forces en présence ne laissent pas la même trace. Les distinguer suppose de savoir laquelle déplace les fréquences alléliques, laquelle défait l'appariement au hasard des allèles, et par quelle observation chacune se détecte.
| Force | Déplace p ? | Défait l'appariement au hasard des allèles ? | Paramètre | Observation qui la révèle |
|---|---|---|---|---|
| Appariement non aléatoire, consanguinité | Non | Oui, déficit d'hétérozygotes (F > 0) ; excès si évitement (F < 0) | F | Même F sur tous les gènes ; généalogies ; mode de reproduction de l'espèce |
| Subdivision de l'échantillon (effet Wahlund) | Non | Oui, déficit d'hétérozygotes, F = Var(p) / p̄q̄ | Var(p) | Test refait séparément sur chaque site, chaque date, chaque classe d'âge |
| Sélection naturelle | Oui, de façon dirigée | Oui, si elle agit entre le zygote et le stade recensé | w, s | Comparaison de deux stades de développement ; suivi de p sur plusieurs générations ; F propre au gène étudié |
| Distorsion de la transmission violation de la ségrégation mendélienne |
Oui, de façon dirigée | Seulement si elle est propre à un sexe : les gamètes mâles et femelles n'ont plus la même fréquence allélique, et la descendance présente un excès d'hétérozygotes égal à (pmâle - pfemelle)2 / 2. Si elle s'exerce également dans les deux sexes, non | k | Dénombrement de la descendance d'hétérozygotes (croisement test) ; suivi de p sur plusieurs générations |
| Mutation | Oui, très lentement | Non, effet négligeable | μ, ν | Indétectable en une génération ; se mesure par l'équilibre mutation-sélection sur la fréquence d'un allèle délétère |
| Migration | Oui, vers la population source | Transitoirement, lors du mélange | m | Comparaison des fréquences alléliques de populations voisines ; identification de migrants |
| Dérive génétique | Oui, au hasard | Non : les unions restent au hasard et les proportions du modèle sont rétablies à chaque génération sur le nouveau p. La perte d'hétérozygotie porte sur l'hétérozygotie attendue, qui décroît d'une fraction 1/2N par génération | N | Variance des fréquences alléliques entre générations ou entre populations comparables ; décroissance de l'hétérozygotie attendue ; estimation de l'effectif efficace |