Le trajet pression-température-temps des roches métamorphiques alpines Trajets pression-temperature-temps de quatre sites des Alpes occidentales : ophiolites du Chenaillet, du mont Queyras et du mont Viso, massif de Dora Maira. Coupe geodynamique et diagramme pression-temperature synchronises. Yann Bouyeron, 2026, scientic.org LE TRAJET PRESSION-TEMPÉRATURE-TEMPS DES ROCHES ALPINES Trois complexes ophiolitiques et une écaille de croûte continentale des Alpes occidentales, rangés d'ouest en est, du plancher océanique à l'affleurement Ophiolite du Chenaillet Briançonnais, 2 700 m Ophiolite du mont Queyras schistes lustrés Ophiolite du mont Viso Alpes cottiennes Massif de Dora Maira croûte continentale Coupe du contexte géodynamique échelle verticale exagérée 1,7 fois (relief 1,8) granite croûte continentale manteau lithosphérique, péridotites asthénosphère la chaîne hercynienne arasée 0 20 40 60 80 100 120 profondeur (km) circulation hydrothermale dorsale océan alpin marge européenne marge apulienne croûte océanique : basaltes puis gabbros manteau lithosphérique, péridotites asthénosphère 0 20 40 60 80 100 120 profondeur (km) convergence plaque européenne fosse et prisme d'accrétion plaque apulienne croûte océanique manteau lithosphérique croûte continentale manteau chevauchant zone de contact lithosphère océanique en subduction 0 20 40 60 80 100 120 profondeur (km) convergence plaque européenne suture et prisme d'accrétion plaque apulienne croûte continentale de la marge européenne manteau lithosphérique croûte continentale manteau chevauchant zone de contact croûte continentale subduite dernier lambeau de lithosphère océanique subduite 0 20 40 60 80 100 120 profondeur (km) suture ophiolitique chaîne alpine avant-pays européen plaine du Pô croûte continentale racine crustale manteau lithosphérique asthénosphère 0 20 40 60 80 100 120 profondeur (km) avant l'océan : la croûte continentale hercynienne l'océan alpin en expansion la zone de subduction l'océan fermé : la subduction continentale la collision et la chaîne alpine Diagramme pression-température 1 GPa ≈ 33 km de profondeur zéolites amphibolites schistes bleus éclogites granulites (gabbro) schistes verts quartz coésite conditions non réalisées dans la nature gradient de dorsale gradient continental, 25 °C/km gradients de subduction, 6 à 12 °C/km domaine de fusion partielle gradient de dorsale gradient continental, 25 °C/km gradients de subduction, 6 à 12 °C/km limite quartz - coésite domaines de stabilité des minéraux d'un métagabbro domaines de stabilité de la silice, dans un gneiss de la croûte continentale 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 1200 température (°C) 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 pression (GPa) 0 20 40 60 80 100 120 profondeur (km) C Q V C Q V C Q V D survoler un domaine pour ce qui y est stable, une limite pour la transformation qui s'y produit zéolites : zéolite + prehnite + pumpellyite, très bas degré zéolites zéolite + prehnite + pumpellyite, très bas degré schistes verts : chlorite + actinote + plagioclase schistes verts chlorite + actinote + plagioclase amphibolites : hornblende + plagioclase amphibolites hornblende + plagioclase granulites : pyroxène + plagioclase, association du gabbro granulites pyroxène + plagioclase, association du gabbro fusion partielle : liquide silicaté + cristaux : la roche n'est plus solide fusion partielle liquide silicaté + cristaux : la roche n'est plus solide schistes bleus : glaucophane + plagioclase schistes bleus glaucophane + plagioclase éclogites : grenat + jadéite (± glaucophane) éclogites grenat + jadéite (± glaucophane) granulites → amphibolites : plagioclase + pyroxène + eau → hornblende granulites → amphibolites plagioclase + pyroxène + eau → hornblende hydratation, à l'axe de la dorsale amphibolites → schistes verts : plagioclase + hornblende + eau → chlorite + actinote amphibolites → schistes verts plagioclase + hornblende + eau → chlorite + actinote hydratation, en s'éloignant de l'axe schistes verts → schistes bleus : plagioclase + chlorite + actinote → glaucophane + eau schistes verts → schistes bleus plagioclase + chlorite + actinote → glaucophane + eau déshydratation, à l'enfouissement schistes bleus → éclogites : plagioclase + glaucophane → grenat + jadéite + eau schistes bleus → éclogites plagioclase + glaucophane → grenat + jadéite + eau déshydratation, à l'enfouissement quartz : silice de basse pression, forme commune dans la croûte quartz silice de basse pression, forme commune dans la croûte coésite : silice de haute pression, plus dense que le quartz coésite silice de haute pression, plus dense que le quartz quartz → coésite : quartz → coésite, même formule mais structure plus dense quartz → coésite quartz → coésite, même formule mais structure plus dense transition de phase, à l'enfouissement Les six étapes du trajet cliquer sur une étape pour l'afficher Ophiolite du Chenaillet fragment de lithosphère océanique qui n'a pas été subduit Ophiolite du mont Queyras métagabbro à glaucophane, faciès des schistes bleus Ophiolite du mont Viso métagabbro à grenat et jadéite, faciès des éclogites Massif de Dora Maira gneiss à quartz et pyrope contenant de la coésite 1 Accrétion océanique ≈ 160 Ma 2 Métamorphisme hydrothermal 160 - 150 Ma 3 Fermeture de l'océan alpin 80 - 40 Ma 4 Pression maximale atteinte ≈ 40 Ma 5 Obduction 35 - 30 Ma 6 Affleurement à 2 700 mètres aujourd'hui 1 Accrétion océanique ≈ 160 Ma 2 Métamorphisme hydrothermal 160 - 150 Ma 3 Entrée en subduction 60 - 50 Ma 4 Pic de pression : schistes bleus ≈ 45 Ma 5 Exhumation 45 - 35 Ma 6 Affleurement dans les schistes lustrés aujourd'hui 1 Accrétion océanique ≈ 160 Ma 2 Métamorphisme hydrothermal 160 - 150 Ma 3 Enfouissement 60 - 45 Ma 4 Pic de pression : éclogites ≈ 45 Ma 5 Exhumation 45 - 35 Ma 6 Affleurement au mont Viso aujourd'hui 1 Granite hercynien ≈ 275 Ma 2 Rifting et marge passive 250 - 160 Ma 3 Subduction continentale 40 - 35 Ma 4 Pic de pression : la coésite ≈ 35 Ma 5 Exhumation rapide 35 - 30 Ma 6 Affleurement à Dora Maira aujourd'hui 1. Accrétion océanique ≈ 160 Ma Roche et minéraux Basaltes en coussins et gabbros cristallisés à l'axe d'une dorsale lente de l'océan alpin, sur des péridotites du manteau. Conditions Environ 1 100 °C à la fin de la cristallisation, sous 0,2 GPa, soit 4 km sous un plancher océanique lui-même à 2,4 km de profondeur. Ce que cela établit Les gabbros du Chenaillet sont datés d'environ 160 millions d'années par la méthode uranium-plomb sur zircon. La succession basaltes en coussins, gabbros, péridotites est celle de la lithosphère océanique : les trois complexes ophiolitiques étudiés ici sont des fragments du plancher de l'océan alpin. 2. Métamorphisme hydrothermal océanique 160 - 150 Ma Roche et minéraux Métagabbro à hornblende, amphibole de haute température, puis métagabbro à chlorite et actinote ; péridotites serpentinisées. Conditions De 600 à 100 °C sous 0,2 à 0,3 GPa, à 4 km sous un plancher qui s'approfondit en s'éloignant de l'axe. Ce que cela établit L'eau de mer circule dans la croûte océanique fracturée. Les pyroxènes du gabbro sont d'abord remplacés par de la hornblende, puis, en s'éloignant de l'axe, par de la chlorite et de l'actinote, minéraux hydratés du faciès des schistes verts. Ce métamorphisme se fait à basse pression, avec apport d'eau ; la roche refroidit ensuite avec le plancher qui s'éloigne, et conserve cette association. 3. Fermeture de l'océan alpin 80 - 40 Ma Roche et minéraux Aucune transformation minéralogique nouvelle ; les radiolarites déposées sur le plancher sont conservées. Conditions Moins de 0,3 GPa et 150 °C, soit une dizaine de kilomètres de profondeur. Ce que cela établit La convergence ferme l'océan alpin. Ce fragment de lithosphère océanique n'est pas entraîné en profondeur : il reste dans la partie superficielle du domaine de convergence, au-dessus du contact entre les deux plaques. Les radiolarites qui le recouvrent témoignent d'une sédimentation par grande profondeur d'eau, donc d'un océan largement ouvert avant sa fermeture. 4. Pression maximale atteinte ≈ 40 Ma Roche et minéraux Métagabbros à chlorite et actinote ; ni glaucophane, ni grenat, ni jadéite. Conditions 0,3 GPa au plus et moins de 200 °C, soit une dizaine de kilomètres de profondeur. Ce que cela établit L'assemblage minéralogique n'enregistre aucune haute pression, et le point figuratif reste plaqué contre le haut du diagramme alors que les trois autres sites y descendent. La température la plus élevée qu'ait connue cette roche, elle l'a atteinte à la dorsale et non ici : sur un trajet pression-température, le maximum de pression et celui de température ne coïncident pas nécessairement. 5. Obduction lors de la collision 35 - 30 Ma Roche et minéraux L'ensemble basaltes, gabbros et péridotites est charrié d'un seul tenant. Conditions Décompression ; retour vers la surface. Ce que cela établit L'océan ayant entièrement disparu, la collision des deux lithosphères continentales soude les marges et charrie sur elles une partie des matériaux océaniques qui les séparaient : c'est l'obduction. Elle met en place le fragment océanique par-dessus la marge continentale, sans l'avoir enfoui. 6. Affleurement à 2 700 mètres d'altitude aujourd'hui Roche et minéraux Basaltes en coussins, gabbros et péridotites serpentinisées, empilés dans l'ordre de la lithosphère océanique. Conditions Surface, à 2 700 m d'altitude. Ce que cela établit L'érosion dégage aujourd'hui l'ophiolite. Sa succession de roches reproduit la structure verticale de la lithosphère océanique, et l'absence de tout minéral de haute pression en fait le témoin de l'expansion d'un océan disparu, non de sa subduction. 1. Accrétion océanique ≈ 160 Ma Roche et minéraux Basaltes en coussins et gabbros cristallisés à l'axe d'une dorsale lente de l'océan alpin, sur des péridotites du manteau. Conditions Environ 1 100 °C à la fin de la cristallisation, sous 0,2 GPa, soit 4 km sous un plancher océanique lui-même à 2,4 km de profondeur. Ce que cela établit Comme au Chenaillet, gabbros et basaltes cristallisent à l'axe de la dorsale de l'océan alpin, il y a environ 160 millions d'années. Les trois complexes ophiolitiques partent du même état : ce qui les distingue tient entièrement à ce qui leur arrive ensuite. 2. Métamorphisme hydrothermal océanique 160 - 150 Ma Roche et minéraux Métagabbro à hornblende, amphibole de haute température, puis métagabbro à chlorite et actinote ; péridotites serpentinisées. Conditions De 600 à 100 °C sous 0,2 à 0,3 GPa, à 4 km sous un plancher qui s'approfondit en s'éloignant de l'axe. Ce que cela établit L'eau de mer circule dans la croûte océanique fracturée. Les pyroxènes du gabbro sont d'abord remplacés par de la hornblende, puis, en s'éloignant de l'axe, par de la chlorite et de l'actinote, minéraux hydratés du faciès des schistes verts. Ce métamorphisme se fait à basse pression, avec apport d'eau ; la roche refroidit ensuite avec le plancher qui s'éloigne, et conserve cette association. 3. Entrée en subduction 60 - 50 Ma Roche et minéraux La chlorite et l'actinote héritées de l'histoire océanique sont conservées. Conditions De 0,26 à 0,70 GPa et de 100 à 270 °C, soit jusqu'à 23 km de profondeur. Ce que cela établit Le fragment de lithosphère océanique est entraîné sous la plaque apulienne. Il s'enfonce beaucoup plus vite qu'il ne se réchauffe : la pression augmente rapidement alors que la température reste basse. Le trajet s'écarte aussitôt du gradient géothermique continental moyen et suit un gradient de l'ordre de 10 °C par kilomètre. 4. Pic de pression : le faciès des schistes bleus ≈ 45 Ma Roche et minéraux Métagabbro à glaucophane, amphibole sodique bleue, formée aux dépens de la chlorite, de l'actinote et de l'albite, avec libération d'eau. Conditions Environ 1,2 GPa et 400 °C, soit 40 km de profondeur : faciès des schistes bleus. Ce que cela établit Le nouvel assemblage minéralogique est plus dense et moins hydraté que le précédent : la roche se transforme à l'état solide et se déshydrate. De telles conditions de haute pression et de basse température ne se rencontrent que dans une zone de subduction. 5. Exhumation 45 - 35 Ma Roche et minéraux Le glaucophane est conservé ; la rétromorphose reste partielle. Conditions Décompression de 1,2 à 0,35 GPa avec léger refroidissement. Ce que cela établit L'écaille se désolidarise de la plaque plongeante et remonte dans la zone de contact entre les deux plaques, alors que la subduction se poursuit ; les modalités précises de cette remontée restent discutées. Les réactions inverses exigeraient l'eau qui a été expulsée pendant l'enfouissement, et elles sont d'autant plus lentes que la température est basse : le glaucophane parvient jusqu'à la surface à l'état métastable. 6. Affleurement dans les schistes lustrés aujourd'hui Roche et minéraux Métagabbro à glaucophane inclus dans les schistes lustrés du Queyras. Conditions Surface. Ce que cela établit La présence du glaucophane établit que ce fragment de lithosphère océanique a été enfoui à environ 40 kilomètres. L'océan alpin n'a donc pas seulement été fermé : une partie de son plancher est entrée en subduction avant la collision. 1. Accrétion océanique ≈ 160 Ma Roche et minéraux Basaltes en coussins et gabbros cristallisés à l'axe d'une dorsale lente de l'océan alpin, sur des péridotites du manteau. Conditions Environ 1 100 °C à la fin de la cristallisation, sous 0,2 GPa, soit 4 km sous un plancher océanique lui-même à 2,4 km de profondeur. Ce que cela établit Comme au Chenaillet, gabbros et basaltes cristallisent à l'axe de la dorsale de l'océan alpin, il y a environ 160 millions d'années. Les trois complexes ophiolitiques partent du même état : ce qui les distingue tient entièrement à ce qui leur arrive ensuite. 2. Métamorphisme hydrothermal océanique 160 - 150 Ma Roche et minéraux Métagabbro à hornblende, amphibole de haute température, puis métagabbro à chlorite et actinote ; péridotites serpentinisées. Conditions De 600 à 100 °C sous 0,2 à 0,3 GPa, à 4 km sous un plancher qui s'approfondit en s'éloignant de l'axe. Ce que cela établit L'eau de mer circule dans la croûte océanique fracturée. Les pyroxènes du gabbro sont d'abord remplacés par de la hornblende, puis, en s'éloignant de l'axe, par de la chlorite et de l'actinote, minéraux hydratés du faciès des schistes verts. Ce métamorphisme se fait à basse pression, avec apport d'eau ; la roche refroidit ensuite avec le plancher qui s'éloigne, et conserve cette association. 3. Enfouissement : la traversée des schistes bleus 60 - 45 Ma Roche et minéraux Le glaucophane apparaît d'abord, comme au Queyras, puis se déstabilise à son tour au profit du grenat. Conditions De 0,26 à 1,6 GPa et de 100 à 430 °C, soit jusqu'à 53 km de profondeur. Ce que cela établit Ce fragment suit le même chemin que celui du Queyras, mais il ne s'en détache pas et poursuit sa descente. Les assemblages du faciès des schistes bleus ne sont ici qu'une étape, franchie puis effacée par la suite du trajet. 4. Pic de pression : le faciès des éclogites ≈ 45 Ma Roche et minéraux Métagabbro à grenat et pyroxène sodique, la jadéite, en solution solide avec le diopside sous le nom d'omphacite ; les minéraux hydratés ont presque disparu. Conditions Environ 2,3 GPa et 520 °C, soit 75 km de profondeur : faciès des éclogites. Ce que cela établit L'éclogite est plus dense que le gabbro dont elle provient. La déshydratation qui accompagne ces réactions libère de l'eau dans le manteau chevauchant, ce qui y abaisse la température de fusion partielle des péridotites : c'est l'origine du magmatisme des zones de subduction. 5. Exhumation 45 - 35 Ma Roche et minéraux Le grenat et la jadéite sont conservés ; le glaucophane réapparaît localement dans les fissures. Conditions Décompression de 2,3 à 0,60 GPa avec refroidissement. Ce que cela établit Des écailles de lithosphère océanique se désolidarisent de la plaque plongeante et remontent dans la zone de contact entre les deux plaques, alors que la subduction se poursuit plus à l'est. Là encore, la roche n'est rééquilibrée qu'en partie : l'assemblage de haute pression traverse toute la remontée sans être effacé. 6. Affleurement au mont Viso aujourd'hui Roche et minéraux Métagabbros éclogitiques du massif du mont Viso. Conditions Surface. Ce que cela établit D'ouest en est, la profondeur atteinte croît : le Chenaillet n'a pas été enfoui, le Queyras l'a été à 40 kilomètres, le mont Viso à 75. L'intensité du métamorphisme augmente donc vers l'est, ce qui indique que la lithosphère océanique de la plaque européenne est passée sous la plaque apulienne. 1. Un granite de la croûte continentale ≈ 275 Ma Roche et minéraux Granite mis en place dans la croûte continentale à la fin de l'orogenèse hercynienne. Conditions Cristallisation vers 700 °C sous 0,36 GPa, soit une douzaine de kilomètres de profondeur. Ce que cela établit Ce site n'est pas une ophiolite : la roche de départ n'appartient pas au plancher océanique mais à la croûte continentale, et elle est bien plus ancienne que l'océan alpin. Elle appartient à la chaîne hercynienne, arasée avant l'ouverture de cet océan. 2. Fragmentation continentale et marge passive 250 - 160 Ma Roche et minéraux Le socle continental est découpé en blocs basculés par des failles normales, puis recouvert de sédiments. Conditions Retour à des conditions de surface, moins de 0,2 GPa. Ce que cela établit Les contraintes extensives fracturent la croûte continentale et l'amincissent : le bloc appartient désormais à la marge passive européenne, en bordure de l'océan alpin qui s'ouvre. Il occupe donc, avant la convergence, une position toute différente de celle des trois complexes ophiolitiques. 3. Subduction continentale 40 - 35 Ma Roche et minéraux Le granite est transformé en gneiss à quartz et pyrope, grenat magnésien. Conditions De 0,16 à 2,0 GPa et de 100 à 500 °C, soit jusqu'à 66 km de profondeur. Ce que cela établit Après la lithosphère océanique, c'est la marge continentale elle-même qui est entraînée en profondeur, bien qu'elle soit moins dense que le manteau. Le trajet suit un gradient de subduction voisin de celui du mont Viso, de l'ordre de 7 °C par kilomètre. 4. Pic de pression : la coésite ≈ 35 Ma Roche et minéraux Gneiss à quartz et pyrope dans lequel le quartz est remplacé par la coésite, variété de silice de haute pression. Conditions Au moins 2,8 GPa et environ 700 °C, soit plus de 90 km de profondeur. Ce que cela établit À 700 °C, la coésite n'est stable qu'au-delà d'environ 2,8 gigapascals : sa seule présence impose une profondeur supérieure à 90 kilomètres. La croûte continentale a donc été entraînée en subduction au même titre que la lithosphère océanique. On parle de subduction continentale. 5. Exhumation rapide 35 - 30 Ma Roche et minéraux Coésite conservée en inclusion dans le grenat ; ailleurs, agrégat de quartz entouré de fractures radiales. Conditions Décompression de 3,0 à 1,0 GPa. Ce que cela établit À masse égale, le quartz occupe près de 10 % de volume de plus que la coésite : le volume massique passe de 0,344 à 0,378 cm³/g. Enfermée dans un grenat rigide, la coésite qui se transforme le fracture radialement, en étoile. Là où le grenat résiste, la surpression qu'il maintient empêche la transformation et la coésite subsiste ; ailleurs, les fractures radiales autour du quartz signalent qu'elle a eu lieu. 6. Affleurement dans le massif de Dora Maira aujourd'hui Roche et minéraux Gneiss à quartz et pyrope du massif de Dora Maira, en Italie, à l'est du mont Viso. Conditions Surface. Ce que cela établit Les quatre sites, alignés d'ouest en est, ont atteint des profondeurs croissantes : nulle au Chenaillet, 40 kilomètres au Queyras, 75 au mont Viso, plus de 90 à Dora Maira. Un même cycle orogénique laisse ainsi, côte à côte, des roches dont les trajets pression-température n'ont rien de commun. Pause Reprendre ce site Conditions pression-température d'après Agard et al. (Queyras), Angiboust et al. (mont Viso), Chopin et Rubatto & Hermann (Dora Maira) ; âges U-Pb sur zircon. Yann Bouyeron - 2026 - svtrek.scientic.org